Coups de coeur

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One comment

  • « Khomeiny , Sade et moi », voilà un trio littéraire peu ordinaire qui a éveillé ma curiosité.

    Faire se côtoyer l’ayatollah Khomeiny, figure incontournable de l’obscurantisme politico-religieux, et Sade, chef de file de la littérature libertine du XVIII ème siècle à l’athéisme revendiqué, s’annonce déjà très prometteur et, disons le, subversif.

    Années 80, la République Islamique d’Iran vient d’être proclamée, l’ayatollah Khomeiny en est le « Guide Suprême ». Le pays est alors peuplé de «corbeaux» et de « barbus» qui « traquaient le moindre bout de peau échappé à la vigilance familiale ».

    Abnousse Shalmani nous raconte comment, contrainte à 6 ans de porter le voile, elle s’est révoltée en se dénudant dans la cour de l’école.
    Le combat est amorcé, Abnousse ne veut pas qu’on lui impose de faire disparaître son corps.
    « Car enfin, se dit-elle, qu’est-ce qu’il y a en moi de si affreux qu’on veuille me recouvrir ?
    Face à l’inadaptation ostentatoire de leur fille, la famille s’exile à Paris .
    La promesse de quitter l’obscurantisme pour la liberté sera t-elle à la hauteur des espérances d’ Abnousse?
    En grandissant, celle-ci n’aura de cesse de revendiquer sa liberté, celle de la Femme et de la jouissance de son corps.

    Ce récit corrosif au style direct crée une relation privilégiée avec l’écrivain.
    A travers son histoire personnelle, elle questionne sans cesse la condition féminine dans l’espace publique sans tomber dans le militantisme.

    La littérature, la puissance des mots et de l’esprit résonnent pour elle comme une solution, une arme et une ode à la République et à ceux qui ce sont battus pour qu’elle voit le jour.
    « Khomeiny, Sade et moi » en est un très bel exemple.

    La pudeur, la notion même de corps est interrogée par ce roman notamment quand Abnousse Shalmani découvre Sade. Son œuvre transgressive se révèle être une véritable catharsis pour elle. « Lire Sade c’est être incapable de fermer les yeux sur l’horreur »
    L’auteure donne l’occasion d’aller se confronter à l’univers du Marquis et d’en faire sa propre expérience. Ce qui à mon avis donne tout son sens au livre.

    Quelle place le corps de la femme occupe t-il dans l’espace public de nos sociétés ? Qui lui donne sa place ? Quelqu’un a t-il le pouvoir de le faire?
    Sommes nous réellement conscientes de notre corps, portons nous réellement notre féminité à son point d’orgue par notre corps et notre esprit ?
    « Chaque corps de femme porte l’histoire de son pays ».

    Ce roman prend des allures de pamphlet se réclamant des Lumières. C’est à mon sens une œuvre nécessaire, un témoignage et une révolte qui aborde la politique, la religion, la morale et ses incidences sur l’individu avec l’énergie et l’enthousiasme d’une femme croyant aux vertus fondamentale de la Liberté.

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